Jean GOBI l'Ancien |
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Miracles de sainte Marie-Madeleine (tr. Jacqueline Sclafer, CNRS Editions, 2009) Un prieur du couvent de St Maximin narre les guérisons miraculeuses opérées par Ste Marie-Madeleine au cours du XVIè siècle. "Un homme, appelé Jacques, habitant de Messine et originaire de la ville d'Amalfi, vint à Saint-Maximin. En présence de différents frères, du bailli, du notaire de cette ville et de plusieurs autres personnes, il assura et affirma même sous serment, qu'à cause de ses péchés, il avait attrapé la lèpre, qui en peu de temps avait envahi totalement et infecté gravement son corps. Aussi, pendant presque dix ans, il rechercha la guérison, et dépensa tous ses biens, qui étaient assez grands, en médecins pour la plus grande part, sans pouvoir être secouru par aucun de leurs traitements. Il pensait donc qu'en raison de cette maladie, il lui fallait nécessairement abandonner la demeure ordinaire des hommes, et se retirer loin de la communauté. Parce qu'il considérait que cétait pour lui et pour ceux de sa famille une grande honte, et presque le comble de l'humiliation, il chercha, autant qu'il put, à guérir la maladie et l'infection au moyen d'autres remèdes et secours, ou du moins à la dissimuler de quelque façon. Et comme il y a dans la région un endroit, qu'on appelle 'sudatorium', parce qu'en y transpirant, l'on chasse et évacue l'humeur maligne, s'il s'en trouve dans le corps humain, il s'y rendit plusieurs fois, et y demeura assez longtemps dans ce but. Mais il se rendit compte finalement que cela ne lui servait à rien. Alors il alla à Pouzzoles. Près de cette ville, il y a différents établissements de bain approuvés, qui soignent efficacement plusieurs maladies. Après s'y être baigné fréquemment, il ne put observer ni ressentir, que cela lui ait servi de remède. Il voyait que l'art de la nature ne le secourait en rien. Il pensa alors qu'il fallait recourir uniquement à celui, qui est le maître et docteur de tous les arts, et l'ordonnateur de la nature, c'est-à-dire au Seigneur Jésus Christ, et à celle qui l'a aimé particulièrement, à savoir Madeleine, dont les mérites éclatants sont reconnus par tout le monde en tous lieux. Il réfléchit au danger où il se trouvait, et au mérite de cette sainte auprès du Seigneur. Avec une grande dévotion et une grande confiance, il lui promit par voeu, que si la pitié divine le secourait par les mérites de sainte Marie-Madeleine et le guérissait de cette grave et horrible maladie, il vêtirait un pauvre en son honneur et en celui de la sainte, et irait visiter, aussi vite que possible, le sanctuaire de celle-ci à Saint-Maximin. A la suite du voeu et de la promesse naquit l'espoir, qui le ragaillardit ; alors il remarqua et observa que sainte Marie -Madeleine a oint de parfum les pieds de Notre Seigneur Jésus-Christ. Aussi, sans l'avoir appris d'aucun mortel, mais instruit seulement par celui qui fait les huiles de la santé, il lui vint à l'esprit de confectionner en son honneur un onguent, avec des composants notoirement inefficaces pour soigner cette maladie - c'était pour que le miracle apparût plus clairement et manifestement. Prenant donc cet onguent, qui lui avait été ainsi inspiré divinement, il s'en frotta trois fois ; à chaque onction, il invoquait avec dévotion et confiance l'aide de Madeleine. En vérité, une fois achevée la troisième onction, il se trouva entièrement guéri de cette maladie, comme s'il n'en avait jamais subi en son corps aucune contamination. Ne voulant donc pas qu'on le trouvât ingrat, il accomplit son voeu à Saint-Maximin avec une grande dévotion, en pleurant beaucoup, et aussi en se frappant de verges cruelles et dures. Et il raconta à tous publiquement la faveur, que Dieu lui avait faite par les mérites de Marie-Madeleine, et en témoignage d'un si grand miracle, il montra à tout le monde son corps manifestement nu, tout à fait purifié, et redevenu totalement sain. Après donc qu'il eut accompli à Saint-Maximin son pèlerinage et son voeu, on lui dit avec insistance que, s'il voulait rester jusqu'au lendemain, de nombreuses personnes feraient preuve par dévotion de libéralités envers lui, en l'honneur de sainte Marie-Madeleine. Il n'en avait cure, lui qui n'était pas venu pour obtenir quelque bien temporel, mais seulement pour remercier du bienfait déjà reçu le Sauveur, et celle qui l'a préféré, sainte Marie-Madeleine ; il gagna aussitôt La Baume, où cette sainte a fait pénitence, pour lui rendre là, ainsi qu'à Dieu, de dignes louanges, - c'était bien juste -. De ce lieu, il repartit chez lui dans la joie".
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